UNE FOIS L'AN

par
Anna Livebardon

Tous les morts regrettés se fêtent
Une fois l'an, à la Toussaint;
Et sur leurs tombeaux se reflètent,
Dès le matin, tel un dessin,

Les reflets d'or d'un chrysanthème
Qu'ont déposés de tendres mains
Afin de dire «je vous aime.»
Et bien que soient loins les chemins

Où doivent se promener leurs âmes
A des morts qui ne sont plus rien —
Rien qu'un prénom, rien qu'une flamme —
Un souvenir perdu, sans lien;

Le premier novembre, en silence,
Nous offrons, très timidement,
Cette fleur, que le vent balance —
La fleur d'un doux rapprochement.


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