<< Précédent  Suivant >>

NAISSANCE D'AUTREFOIS

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


A la ferme, la femme est prête à accoucher
Dans son lit, les cliniques ne sont pas encore inventées.
Elle gémit, tout bas, et dit à son mari,
Reste là, près de moi, il descend le petit.
Mais le père dit, non, ma mère est près de toi,
Il faut que j'aille voir la Brunie, tu me crois,
Elle va bientôt vêler, et peut-être aujourd'hui,
Elle a besoin de moi, pour l'aider tu le sais,
Lorsqu'elles font leur veau, les vaches sont troublées.
Je reviens, attends-moi, sagement dans ton lit.
La fermière a compris, elle sait, elle aussi,
Que les bêtes, comme elle, ont besoin de soutien,
Qu'elles peuvent compter, bien sûr, sur son Julien.
L'enfant est arrivé, c'est un garçon superbe,
Allez chercher son père, demande-t-elle, amère.
Julien, pâle revient, avec sa propre mère.
Bon, tu m'as fait un fils, Brunie a fait un veau,
Il est beau ton petit, je l'appelle Bruno,
Comme le petit veau, le fils de la Brunie.
Nous avons des jumeaux, nés le même mardi.
Merci femme, mais je te quitte encore,
Il faut changer la paille, ramasser le bois mort
Pour faire un feu de joie pour l'enfant qui s'endort
Et pour le petit veau qui tête. Grand merci,
Je suis comblé, ma femme, je vais voir la Brunie.

<< Précédent  Suivant >>


Anna Livebardon Homepage