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LE PATRE GREC

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


C'était au cours de nos vacances,
Dans deux jours nous serions partis
Pour embarquer, sur « RENAISSANCE »
Les vacances n'étaient pas finies.
Nous avions vu des temples immenses,
Des oliviers, la mer, NAUPLIE,
Et EPIDAURE et OLYMPIE,
Un pâtre grec aux yeux meurtris,
Un petit pécheur tout transi,
L'AURIGE et ses yeux d'argent gris.
Tout-à-coup, nous le vîmes, lui,
Au milieu de brebis bélantes,
Le pâtre grec, aux yeux jolis,
Il n'avait pas vingt ans, je pense
Et il avait des yeux immenses
Et, plus encore, ils étaient bleus,
Bleus comme le ciel bleu de Provence.
Ses moutons paissaient en silence
Et lui dansait le sirtaki.
C'était à SPARTE, avant la nuit,
Au beau milieu de nos vacances.
Peut-être cherchait-il aussi
Un pâtre, d'un autre pays,
Pour lui apprendre le sirtaki.
C'était à SPARTE, au bord de nuit.
Et bien souvent, quand elle chante,
Je pense à nous, je pense à lui.
Je pense à ses beaux yeux immenses
Au petit pâtre aux yeux pervenche,
Peut-être il pense, à nous, aussi.

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