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ATHENES

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


Nous avions pris à Salonique
Un petit avion argenté
Qui n'était pas pressurisé.
Le pilote avait l'air très digne,
Il a dit, on va survoler,
Survoler la ville d'Athènes
Avant de pouvoir se poser.
Et tout-à-coup, dans la lumière
D'un crépuscule tout doré,
J'ai vu Athènes, la plus chère,
Et la plus belle des cités.
Et mon amour, mon mari tendre,
A pris ma main, l'a caressée ;
Je me suis mise à sangloter.
C'était trop beau pour supporter
La vue d'Athènes et le ciel qui toujours changeait
Et l'Acropole, le mont Hymette,
Les Propylées, l'Erechthéion,
Le Parthénon, le Lycabette
Et le ciel tout violet d'Athènes.
Et mon mari qui s'excusait,
Ma douce, douce doudoulette,
Je voulais te faire arriver
A cette heure-là sur Athènes,
Quand le soleil va se coucher.
J'étais sûr que tu pleurerais.
Et je disais : « c'est mes oreilles »,
Et je pleurais, et je pleurais.
Pleure ma chérie, je t'aime.
En sanglotant je répétais :
« J'ai mal, j'ai mal dans les oreilles »,
Et ce pilote qui tournait
Pour me faire adorer Athènes,
Et mon mari qui tant m'aimait
Serrait ma main dedans les siennes ;
Vingt minutes ça a duré.
Et j'ai pleuré, pleuré, pleuré,
Mais j'avais très mal aux oreilles.
Vous voudriez que j'y revienne
Faire un voyage organisé ?

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