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L'HIPPOCAMPE

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


Près de la plage au sable tendre
Hôtel de RHODES, fin de nuit,
A KAVALLA, nom d'aujourd'hui
DEDEAGACHE, des temps enfouis,
Le soleil pâle vint nous surprendre
Il prenait son café au lit.
Moi, je préparais les bagages
En regardant souvent la plage.
C'était fini, le temps joli
Des belles vacances d'ici ;
La frontière nous allions passer
Pour continuer vers la TURQUIE.
J'ai demandé au bien aimé
— Avant de quitter ce rivage,
Où nous nous sommes tant aimés
Je voudrais aller sur la plage.
Un hippocampe m'appelait
Dans la nuit, lorsque les nuages
Laissaient la lune se montrer.
Petite folle, dit mon mari,
Comment veux-tu, que dans la nuit,
A KAVALLA, plage de GRECE,
Un hippocampe se perdit ?
— J'en suis sûre, n'oublie pas mes roses.
Et sur la plage, j'ai trouvé,
Le petit hippocampe rose,
Qui dans la nuit, avait pleuré,
Il y était mort épuisé,
Des pleurs coulaient sur mes mains moites,
A genoux, je l'ai ramassé.
Avant de le poser en boîte,
En boîte toute enrubannée,
J'ai dit, laisse-moi t'embrasser,
Mon hippocampe abandonné !
Nous n'irons pas dans les boutiques
En nous rendant à EDIRNE,
Les cadeaux sont trop magnifiques
Dans ce pays ensoleillé.

Dans la boÎte, où il se repose,
Le petit hippocampe dort.
Près de lui, j'ai mis une rose,
Qui me rappelle ses souffrances
En GRECE, sur le sable d'or.
Et je l'emporterai en FRANCE,
Comme le plus grand des trésors.

Kavalla (Grèce}, 1963.

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