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LE POETE ASSASSINE

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


Tu avais raison, tu disais, les roses blanches sont fanées,
Sur la plage le sable est mouilié, l'air est plus frais,
Fini l'Eté.
Tu le savais, toi, qu'en secret, à l'aube tu me quitterais.
Emportant ton maillot mouillé,
Mon cœur, et notre amour secret,
Et les roses, même ton portrait.
Tu le savais, que je t'aimais,
Plus que ma vie et tu riais,
Tu avais raison, tu disais les roses blanches sont fanées.
Toi tu n'aimais que t'amuser, faire la planche, ou bien danser.
A l'Oasis, avec des garçons étonnés,
Que tu saches si bien valser.
Ils auraient pu aussi t'aimer, si comme à moi, courant juillet
Tu leur avais dit : « Oui, je veux, je veux vivre un amour heureux ».
Je me suis trop pris à ton jeu.
Tu avais raison, tu disais, les roses blanches sont fanées.
Maintenant je suis malheureux,
Ils sont partis, mes beaux yeux bleus.
Comme une vague, au fond d'un creux
Je vais mourir à l'île d'Yeu,
Et tu liras, dans ton journal,
Peut-être ça te fera mal,
Sur une plage, on a trouvé
Un poète assasiné.
Tu avais raison, tu disais, les roses blanches sont fanées.

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