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CAHORS DES TEMPS PASSES

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


Je voudrais recréer le CAHORS d'autrefois,
Place du Champ de Mars, le boulevard Gambetta.
La vie était douce, chacun avait ses joies.
Pour acheter un livre, on a' l lait chez GIRMA,
Pour un petit journal, c'était chez EUPHRASIE,
Bien sûr, il y avait déjà LE TIVOLI.
Et Monsieur LADEVEZE, qui vendait des joujoux,
Pour les petits enfants qui léchaient sa vitrine.
On pouvait y entrer, on y trouvait de tout.
Les garçons, y rêvaient, devant la Colombine,
D'un Pierrot, qu'ils savaient être un peu étourdi.
Les platanes étaient aussi beaux qu'aujourd'hui,
Et les cigales brunes, y chantaient, dès midi ;
On entendait leur chant, comme le bruit des pas,
De Cadurciens heureux, qui tous marchant au pas,
Descendaient le boulevard, se saluant bien bas.
Le cheval pommelé, qui traÎnait la patache,
Marchait, tout doucement, pas besoin de cravache,
Il henissait parfois, il sentait bien qu'au loin,
On préparait, pour lui, l'avoine et le doux foin.
Quelquefois, des soldats, qui oubliaient la guerre,
Regagnaient, en riant, la caserne BESSIERES.
La foire se tenait souvent le samedi.
Les collégiens étaient en congé le jeudi.
Le dimanche arrivait, on était tout surpris.
On dégustait la coque, à Pâques, le lundi.
On allait au concert dans le café BARREAU,
Sur les Allées, passaient, promeneurs et badauds.
A la saison trop sèche, le LOT rétrecissait,
L'eau baissait sous les piles du vieux PONT VALENTRE,
Dans sa tour, haut perché, le diable s'étonnait,
Quand la neige fondait, le LOT, fou, débordait.
La vie était plus simple, on n'était pas pressé.
Sous le kiosque, souvent, la musique jouait,
Pour aller l'écouter, les dames se gantaient,
Portaient de beaux chapeaux, voilettes aérées
Et les petits garçons eux aussi, étaient beaux,
Avec leur col marin et leur petit cerceau.

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