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A HENRI BOURETTE, dit « Valentin » (POETE OUBLIE DE CAHORS - 1840-1884)

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


Valentin, pauvre cher poète,
Tu t'appelais Henri BOURETTE,
Soldat d'Algérie, épuisé.
Tu as écrit de beaux sonnets,
Imprimés par F. Delpérier.
A Cahors, je peux te trouver,
Au cimetière, tu t'es couché
En 1884, après la fin du mois de mai.
Moi, pauvre Anna, je te promets
D'aller te fleurir, en secret.
Tu le mérites, je le sais.
Tu aimais un peu l'anisette,
Verte, elle te faisait rêver.
Tu avais fait la triste guerre,
Comment faire pour oublier,
Le bain de sang et la misère,
Des hommes, des chevaux en été,
Dans ces djebels couverts de pierres,
Pour l'Algérie à pacifier.
Tu as subi le siroco.
Tu as vécu sur un volcan,
On t'enterra dans un « silo »,
Il y aura bientôt cent ans.
Puis à Cahors tu es venu,
Presque moribond, qui l'eut cru,
L'ami Valette t'a recueiIli.
Tu as pu faire, encore ici,
Quelques poèmes, par là, par ci.
Dès qu'il fera beau, un dimanche,
Je t'irai porter un bouquet,
Tricolore, avec des bleuets,
Des marguerites, toutes blanches,
Et des coquelicots d'été,
Couleur du sang, qui fut versé,
Par nos soldats, par des Français,
Comme toi, poète oublié.

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