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DOCTEUR NONO

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


A peine arrivée de Bordeaux,
L'avait fallu que je déménage,
J'en avais fait peut-être trop,
J'eus jambe gauche en marmelade.
Ma petite copine Margot,
M'a dit, ma vieille, il faut,
Oue j'aille chercher Docteur Nono,
T'as la jambe dans la pagaille,
Ça va faire du mauvais boulot.
Il est arrivé, le Nono,
Le torse nu, en short pâlot,
Il a dit: « Oh, pas gros bobo.
Superficiel, il faut, il faut,
Faut soigner ça, avec de l'eau,
De l'eau fraiche, sur la gambette,
Quelques compresses, et allez, oh !
Ça durera trois mois à peine,
Marchez, marchez, petit coco,
Faut faire travailler la gambette ».
Je suis un peu vieille et seulette,
Je sentais monter des sanglots.
Trois mois, et ça commence à peine
Alors, il a dit le Nono :
« Vous êtes seule, ma pauvrette,
Si ça va pas, moral zéro,
Je viens vous chercher aussitôt.
Je vous emmène, chez moi, là-haut
A Bellevue, il fait moins chaud ;
Ma femme aime ce qui est nouveau,
Vous en faites pas, il y a Nono ».
Quinze jours, plus tard, plus de bobo.
Il a de ces traitements, Nono,
A vous faire bayer aux corneilles.
S'il n'y avait que des Nonos,
La Sécurité Sociale, elle,
Ne tomberait pas à zéro ;
Il m'a guérie, avec de l'eau !

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