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CAHORS

par
Anna Livebardon
Tiré de son livre De Tous Les Jours
© 1980 Anna Livebardon

 


Cahors, je t'aime, je suis à toi,
Pour toi j'ai eu le coup de foudre,
Même si le soir, quelquefois,
Les pétards font sentir la poudre.
Et j'y ai tellement d'amis,
Et tant de souvenirs dans l'ombre,
Et, si ce soir, je te le dis,
C'est, qu'encore, encore aujourd'hui,
Après une route assez longue,
Je voudrais y finir ma vie.
Ville où je peux sentir la France,
Où j'ai vécu dans l'espérance ;
J'aime le Mont Saint-Cyr, la Barbacane,
Les Badernes, la Tour des Pendus,
Et tes vieilles, vieilles fondues,
La Fondue Haute, la Fondue Basse.
Des vieilles villes d'autrefois,
Avec Luzech, comme je crois,
Tu es celle qui eut le droit,
De prendre le LOT dans ses bras.
Tu en fis boucles et barrages.
Je voudrais accrocher parfois,
A mes oreilles, par mégarde,
Les boucles qui se lovent en toi,
Le LOT est partout à la fois.
De ma maison, au loin, je vois
La Tour du Pape Jean XXII,
Et les remparts du cimetière,
Le soir ils brillent de tous feux
Et secouent leurs rouges crinières.
Peut être bien, qu'ils brillent aussi
Pour ceux qui dorment, dans la nuit,
Dans le très ancien cimetière.
Le soir on descend les couleurs
Dans le jardin de la caserne,
Et j'entends, au loin, les rumeurs
Du Boulevard, même les prières
Des Augustins, près de chez moi.
Depuis qu'il y a trois cinémas
A la place de leur chapelle,
Ils prient, tous les soirs, avec moi,
Les films sont trop pornos parfois
Et leur font dresser les oreilles.
J'adore le vieux Pont Valentré,
Qui m'a vue si souvent passer
Lorsque je venais en vacances.
Diable futé, perché là-bas,
Parce que j'aime, comme toi,
Ce joli pont de l'autrefois,
Le LOT coulant entre ses jambes,
Et qui a fait courbes si tendres
Qu'on voudrait s'y coucher parfois,
Fais-moi vivre, autant que pourras.

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